A quand le réveil ?


Les sociétés françaises ont engrangé d’énormes bénéfices en 2007, il est certain que ces 10% de personnes qui détiennent à eux seuls les 90% des avoirs du pays ne se plaignent pas de la montée vertigineuse des prix, loin de là ils s’en félicitent après tout une petite action par çi une petite action par là qu’importe, en ce qui les concerne ça rapportera toujours quelquechose même si dans leur cas ce n’est que de l’argent de poche.

Ainsi, pendant qu’ils se font des tartines au caviar arrosé de Veuve Cliquot, Mouet et Chandon, Mumm, j’en passe et des meilleurs, 90% des français restent sur le carreau peinant et trimant, redoutant de ne pas pouvoir atteindre la fin du mois et doivent se serrer la ceinture d’un cran, en renvoyant aux calendes grecques l’achat de la nouvelle voiture qui devait remplacer cette vieille pétoire de 12 ans d’âge, qui souhaiterait accéder dans l’immédiat à une retraite bien méritée.

- Dites Madame pourquoi vous en prenez-vous à la caissière ? ce n’est pas elle qui fait les prix !

La scène est entrain de se dérouler devant mes yeux en attendant mon tour de passer à la caisse du supermarché du quartier, une mégère aussi remontée que peuvent l’être les prix dans ce magasin s’en est pris à une petite jeune qui, pour payer ces études et le loyer de son petit studio travaille comme beaucoup d’autres étudiantes à la caisse à temps partiel.

Cette dame pas très futée trouvait que ça n’allait pas assez vite, et s’en est pris au moment de régler ses achats à l’hotesse de caisse je cite:

- Celà ne vous suffit pas d’augmenter les prix il faut qu’en plus vous nous faites perdre notre temps (mettant l’accent sur le “nous” et le “notre” cherchant des yeux l’approbation des clients).

C’est à ce moment qu’un homme qui me précédait dans la file, la soixantaine environ intervint en faveur de la caissière.

La mégère voyant qu’elle ne faisait pas l’unanimité ramassa vivement ses courses, et s’en alla sans demander son reste sous le regard amusé de la jeune caissière qui lui fit son plus beau sourire, en lui souhaitant de passer une bonne soirée devant la télé.

Arrivé à sa caisse, après les échanges habituels de politesse je lui demandai si ce genre de situation se produisait souvent, “vous n’imaginez pas” me dit-elle “les clients nous font régulièrement des reproches concernant les prix”.

Le défoulement facile sur ceux qu’on croit être les plus faibles est un moyen d’exprimer son mécontentement, mais ça ne sert à rien quand on n’a pas le courage de s’attaquer aux vrais responsables du problème. En gros cette femme va rentrer tranquillement à son domicile comme beaucoup d’autres dans le même cas, contente d’avoir exprimer son mécontentement et s’installer confortablement devant sa télé à regarder les endormeurs de l’esprit que sont tous ces tristes clowns dont je tairai le nom pour ne pas leur faire une publicité qu’ils ne méritent pas, et qu’on voit débiter leurs fadaises tous les soirs se relayant entre eux sur les différentes chaines.

La télévision française a failli à l’une de ses principales missions: apporter la connaissance et éveiller l’esprit du peuple, mais c’était oublier que cette même télévision est au service de l’état et que c’est un outil de propagande entre les mains de ceux qui détiennent les commandes. Ces endormeurs de l’esprit qui parent leur émission du doux nom de divertissement ne croients pas si bien dire, car c’est quoi divertir quelqu’un ? c’est l’amuser à première vue, le distraire peut-être, mais principalement détourner son attention, et c’est là qu’interviennent les endormeurs de l’esprit car il faut détourner l’attention du téléspectateur français de sa propre réalité: les prix qui flambent, la précarité de l’emploi, les fins de mois difficile, le chômage, le loyer qui ne cesse d’augmenter, les crédits, les impôts toujours plus chers, etc…

Le pouvoir relayé par les médias maintient la population dans un état constant de léthargie par ce système d’endormissement de l’esprit qui était naguère utilisé dans les pays totalitaires de l’Europe de l’est, sinon comment expliquer ce manque de réaction de la part d’un peuple toujours prêt à critiquer ce qui se passe hors de nos frontières.

Quelquefois les médias télévisuels font semblant de jouer le jeu du reportage journalistique en direct, en questionnant la ménagère croisée au détour du marché ou à la superette du coin sur l’évolution des prix, mais il s’agit en faits que de poudre aux yeux, car le travail d’endormissement de l’esprit a déjà été fait en amont pratiquement tous les jours, donc il n’y a aucun étonnement à voir ces personnes arborer leur plus beau sourire, et répondre nonchalamment à la question posée concernant la flambée des prix au marché ou à la pompe par la spseudo journaliste, qui ne croit pas elle-même à son simulacre de reportage.

Le réveil s’il se produit un jour risque d’être dur, trèèèès duuuurrrrr.

Mefitah

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